L’intime

Cette notion peut paraitre simple,voir familière, c’est ce qui réside en nous, c’est ce que nous partageons avec les personnes qui nous ont le plus proche.

Et pourtant, c’est un territoire qui n’est pas souvent fréquenté, une zone de non confort, qu’on visite vite pour mieux la refermer, ou à côté de laquelle on construit une cabane qui lui ressemble, une construction solide en apparence mais qui nous tient loin de nous.

Entrer dans l’intime, c’est lever un voile plus ou moins lourd, c’est celui qu’on perçoit quand on rentre en contact avec l’autre et qu’on a pourtant l’impression de rester à la porte.

Ce voile est très subtil, il est parfois très bien caché sous le masque de la grande convivialité, jovialité, mais dès qu’approche cette zone, les parties prennent la fuite ( enfin elle reste bien là « physiquement » mais tout le reste a pris ses jambes à son cou) et vous sentez une forme de froid, oui vous parlez,oui vous échangez mais à un niveau qui ne rempli que le temps, mais pas les âmes.

C’est quelque chose de doux l’intime, et de violent parfois parce que c’est accepter une mise à nue et que la peur de se faire dépecer, abuser est toujours là tapit en nous. Se dévoiler c’est risquer cette vulnérabilité que l’on cherche à tout pris à vaincre pour ne plus ressentir la force des émotions.

L’intime, c’est la zone ultime d’exploration de l’homme.

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Vivre une transformation au milieu des autres

Il est très difficile de débuter un processus de transformation profonde au milieu des mêmes personnes pour qui vous avez joué un rôle, qui ont été collaborateur de votre pièce de théâtre, qui font fonctionner vos vieux rouages mieux que quiconque.

Il faut accepter un temps de prendre de la distance, de faire un break, voir même un tri de ce qui nous est familier.
C’est aussi le moment où quelque part vous voyez à qui vous avez à faire, certains vous soutiendront, accepterons cette mise à distance, le fait que vous ayez besoin de grandir un peu à l’écart et qui seront tous aussi ravie de vous retrouver et les autres qui ne seront pas en mesure de vivre avec vous ce changement, ce n’est pas un échec , c’est juste des chemins de vie qui se sépare.

Avec le recul et pour l’avoir vécu, il faut beaucoup de force, et d’amour pour pouvoir le vivre au sein de relations proches, il faut être suffisamment ancré sur son propre chemin ( ce qui est rarement le cas quand on débute le chemin de la transformation…heureusement avec le temps celà devient plus facile et puis on est de plus en plus entouré de personnes qui suivent le même chemin) pour ne pas produire des dommages collatéraux.

Il n’est pas question de reporter la responsabilité sur les gens qui m’ont entouré mais bien sur moi, c’était ma propre faiblesse que je craignais, ma propre incapacité à gérer, à faire confiance, à m’abandonner, à avoir la foi.

Aujourd’hui la donne est différente, parce qu’une fois commencée la transformation ne s’arrête, entrée dans le vivant on ne peut que changer en permanence. J’ai suffisamment confiance en moi, j’ai suffisamment d’estime de moi pour ne pas craindre de me perdre dans le jugement des autres, de perdre quelqu’un en route. Je suis en mesure de vivre ce que j’ai à vivre au milieu des autres, avec les autres.

Il m’a fallu faire le chemin.

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